• CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Masque «Dege», Dogon, collecté à Opti, Mali, en 1931, bois de tage, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Statuette féminine «Asogba», Fon, collectée à Ouémé, Bénin, en 1931, terre cuite, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Figurine zoomorphe, Haoussa, collectée à Cotonou, Bénin, en 1931, cuivre, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Figurines anthropomorphes «Yiri mogoni», Bamana, collectées à Ségou, Mali, en 1931, bois, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Tambour à une peau sur caisse «Dodo wulo», Bamama, collecté à Mopti, Mali, en 1931, calebasse, peau de reptile, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Sistre «Wándyerma», Dogon, collecté à Mopti, Mali, en 1931, calebasse, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Pierre peinte, Dogon, collectée à Opti, Mali, en 1931, pierre, pigments, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Tabouret «Mbáta», Banda ou Bangi ou Nzakara, collecté à Bangassu, en 1931, bois de kámbatya (banda) - mbe (bangi), Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Portrait d’un éthiopien, «Gojam», Amhara, collecté à Amara, Ethiopie, en 1932-33, dessin sur papier, Musée du quai Branly
  • CHARLES ET MARIE-LAURE DE NOAILLES
    LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
    Couverture du programme du Grand gala de boxe au Cirque d'Hiver, 15 avril 1931.
    Reproduction d'après original.
    Source : Chancellerie des Universités de Paris / Bibliothèque Littéraire Jacques Doucet / Fonds Michel Leiris.
  • Charles et Marie-Laure de Noailles capture du film Biceps et bijoux, 1928. Réalisation : Jacques Manuel Cnac-archives du film
  • Charles et Marie-Laure de Noailles 1929 Photomaton Coll. Particulière
Expositions 2012
design parade 7
Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes horaires
LA MISSION DAKAR DJIBOUTI
Science, poésie et mécénat au service de l’ethnologie


Charles et Marie-Laure de Noailles sont essentiellement connus pour le soutien qu’ils ont apporté aux artistes, cinéastes, musiciens ou intellectuels de leur temps. Leur intérêt, et plus spécifiquement celui de Charles, pour l’ethnographie est presque totalement ignoré. Or ce chapitre, d’une importance considérable dans l’histoire de leur engagement et de leurs goûts, mérite plus d’attention. Alors que les David-Weill ou le baron von der Heydt montent d’importantes collections d’art africain ou océanien, le vicomte, lui, se consacre durant dix ans à l’enrichissement et à la rénovation du Musée Ethnographique du Trocadéro, le futur Musée de l’Homme. Cette modernisation débute en 1928 avec la nomination de Paul Rivet comme directeur et celle de Charles de Noailles comme président de la Société des Amis du Musée d’Ethnographie (SAMET). Grâce à l’entremise du vicomte, Rivet engage un personnage clé en la personne de Georges-Henri Rivière critique de la revue Cahiers d’Art, amateur de jazz et d’art moderne. Cheville ouvrière du musée, il révolutionne la présentation des collections et apporte un grand souffle d’air dans ce poussiéreux « bric à brac » et bouscule les traditions muséales. Mais cette modernisation de l’institution doit s’accompagner, hors les murs, d’une action sur le terrain qui marquerait la rupture avec le passé et concrétiserait les ambitions scientifiques et intellectuelles de ce musée en pleine mutation. L’occasion de cette démonstration est proposée par le jeune explorateur Marcel Griaule qui imagine une traversée de l’Afrique d’ouest en est, du Sénégal à l’Erythrée. Son projet rencontre l’enthousiasme des responsables du musée et obtient un soutien de l’Etat et de nombreuses institutions. Ce sera la célèbre Mission ethnographique et linguistique Dakar-Djibouti qui fera fantasmer des générations d’ethnologues ou d’amoureux du continent africain. L’aide qu’apporte Charles de Noailles, prestigieux mécène des surréalistes, n’est pas étrangère à son retentissement : il trouve certains fonds nécessaires à son départ et, certainement, pèse dans le vote du projet de loi finançant l’expédition. Mais surtout, le vicomte, autorise une rencontre inédite entre mécénat, divertissement et institutions culturelles. Bref, il accélère de fait le succès du musée et de son projet humaniste, permettant aux visiteurs de se familiariser avec les cultures du monde. Ecce homo.