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Nick Ross

Nick Ross, The last of the Free. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016
Nick Ross, The last of the Free. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016
Nick Ross, The last of the Free. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016

Dotation Johnson Trading Gallery

 

Suède et Écosse / Sweden and Scotland

Konstfack, Stockholm

 

THE LAST OF THE FREE

Last of the free ou la fiction historique comme méthodologie de travail.
Le designer pose le décor en évoquant la bataille des Romains contre les Calédoniens, relatée par Tacite en 89 après J.-C. : la dénonciation de l’influence du récit des vainqueurs sur la perception universelle des vaincus. Si le mythe importe plus que la vérité, alors le designer créera des objets avec la valeur ajoutée souvent désirée par nos contemporains.Il dessine deux bancs, une table, un tabouret et un miroir aussi robustes que les artefacts que l’on imagine chez cet antique peuple d’Écosse. Le matériau principal est le grès, une concrétion sédimentaire compacte dont la lecture pourrait être une allégorie de l’Histoire. Il crée également un pot en terre cuite, un tapis en laine nouée et des supports en aulne. La réappropriation de la légende passe par des outils traditionnels et la fabrication manuelle. On pourrait croire à des antiquités qui surgissent à l’improviste pour nous remémorer cette civilisation, bien que le dessin et l’échelle du mobilier nous aiguillent sur la piste d’une mystification que l’on choisira de voir ou non.« La question est de savoir comment les objets sont vécus, à quels besoins autres que fonctionnels ils répondent, quelles structures mentales s’enchevêtrent avec les structures fonctionnelles et s’y contredisent, sur quel système culturel, infra ou transculturel est fondée leur quotidienneté vécue. » (Jean Baudrillard, dans le Système des objets, 1968.)
Magalie Guérin