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Santini Basra

Santini Basra, Monster Tourism. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016
Santini Basra, Monster Tourism. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016
Santini Basra, Monster Tourism. Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016
Royaume-Uni / United Kingdom
Glasgow School of Art
 

Monster tourism

Le designer applique les méthodes de conception des objets à la création d’une société de services à destination des villes en mal de touristes. Son approche sociologique l’amène à conclure que pour rendre attractif un territoire quelconque, il faut y créer un mythe.Il propose des solutions et des outils pour amener les preuves de l’existence d’une créature fantastique qui suscitera la curiosité du public et relancera l’économie locale. L’exemple mis en avant sur son site (Cryptozoological Marketing Solutions) est celui de l’île d’Arran en Écosse. Il y montre comment, en observant la nature et les coutumes, on peut développer une histoire crédible qui ressemble à son territoire.En superposant plusieurs animaux, il génère une créature qu’il nomme Orran. Il la reproduit dans des livres, sur des photographies et dans une correspondance montés de toutes pièces. C’est la première étape de la concrétisation. Il fabrique ensuite un équipement qui permet de laisser des empreintes au sol. La dernière phase consiste à produire des objets dérivés classiques, des cartes postales et des objets kitch qui sont vendus dans les commerces de l’île.Ces investigations phénoménologiques rappellent les démarches d’artistes tels Éric Duyckaerts ou Jean Le Gac. Le designer se met au service d’une esthétique et d’un but qui ne semblent pas lui appartenir ; il est l’initiateur d’une fiction qu’il observe.
 
Magalie Guérin