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Savoir-Faire et Maisons en Méditerranée

Savoir-Faire et Maisons en Méditerranée.  Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016

Savoir-Faire et Maisons en Méditerranée.  Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016

Savoir-Faire et Maisons en Méditerranée.  Photographie : Lothaire Hucki, villa Noailles, 2016

vitrines des Galeries Lafayette

9 Boulevard de Strasbourg, Toulon

Depuis 2011, la villa Noailles explore de façon décomplexée mais respectueuse les savoir-faire régionaux. C’est une démarche qui fait écho, en toute modestie, à la sauvegarde des métiers d’art pour laquelle les grands noms du luxe se mobilisent aujourd’hui. Cette initiative spontanée dessine une cartographie de l’artisanat vernaculaire et des ressources locales en paca, intimement liés par essence, auxquels Design Parade offre une relecture fraîche et contemporaine en sensibilisant les jeunes designers en compétition à ce patrimoine. En découlent des rencontres transgénérationnelles et des productions expérimentales inédites, notamment grâce à l’atelier de prototypage dorénavant opérationnel au château Saint-Pierre. Une Factory hyéroise en quelque sorte, modeste là aussi, mais résolument ouverte aux associations innovantes, ce qui n’est aucunement contradictoire avec la notion de patrimoine, soit dit en passant… À l’occasion du premier Festival international d’architecture d’intérieur Design Parade Toulon, cinq vitrines des Galeries Lafayette du boulevard de Strasbourg, scénographiées par la présidente du jury, l’architecte et designer India Mahdavi, se muent en cabinets de curiosité revisités afin de mettre en lumière cinq savoir-faire invités lors des précédentes éditions Design Parade. Avec la couleur verte comme fil conducteur, ces installations invitent les passants à un arrêt sur image sur le verre de Biot, la terre cuite de Salernes, les Indiennes des Olivades, les tapis de la manufacture de Cogolin ou les céramiques de la poterie Ravel ; elles démontrent, s’il en était encore besoin, que la notion de slow design n’est pas obligatoirement soluble dans la nostalgie. Difficile de résister à la tentation de ne pas convoquer ici le terme anglais magnifying glass — « loupe » qui n’a curieusement pas ce double sens en français d’agrandir et de magnifier — pour rendre compte d’une des évidentes vocations de ces vitrines : partager, avec un public élargi, le potentiel créatif de cet unique et mythique écosystème méditerranéen frôlant parfois la disparition.

ANNE-FRANCE BERTHELON