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Evangelia Kranioti – UNLIGHT, SUNLIGHT

Nejmeh, 2015, résidence et bourse de création Elie Saab, Beyrouth.

Odalisque, 2015, résidence et bourse de création Elie Saab, Beyrouth.

Khamsine (détail), 2015, résidence et bourse de création Elie Saab, Beyrouth

Résidence Elie Saab

 

« Beyrouth, ville fiction. Derrière des vitres fumées ou vitres baissées, elle fait son cinéma. Le spectacle commence dès l’avion avec un long travelling époustouflant, visible seulement par une poignée de passagers, tandis que la mer indigo s’étend de l’autre côté. À chaque voyage j’ai tenté de me trouver assise du bon côté de l’appareil, mais la vue changeait selon les vols et les horaires. Même lors de ces rendez-vous aériens manqués, Beyrouth se révélait somptueuse dans sa dualité ; entre présence et absence, lumière et obscurité. Un paysage méditerranéen de science-fiction dont je ne saurais dire si les vestiges dataient du passé ou du futur. Parmi eux, le Holiday Inn, le Egg, le Grand Théâtre et les architectures de la périphérie, décors dignes d’un Blade Runner baignant dans une lumière rose. Je me souviens traverser pour la première fois l’avenue qui mène de l’aéroport Rafic Hariri au centre-ville, l’ambiance était électrique, chargée d’urgence et de nostalgie. À quelques kilomètres au nord ou au sud, les conflits guettent toujours. Pendant ce temps-là Beyrouth danse en défiant l’abîme, telle une figure élégante qui avance droit dans le vacarme de l’Histoire. »

Evangelia Kranioti