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Hervé Lassïnce

HERVE LASSïNCE

HERVE LASSïNCE

HERVE LASSïNCE

Hervé Lassïnce

Notre été

 

Depuis plusieurs années, je photographie dans le flux du quotidien des personnes qui me sont proches : amis, amants ou amoureux. Cette série s’appelle Mes frères.

Pour le festival, j’ai proposé Notre été à la villa Noailles : une sélection de ces images liées aux vacances, à la chaleur, à la langueur du désir, dans les villes du sud de la France, du Maghreb et des îles de la Méditerranée. Sur le même thème, la série s’enrichit d’images inédites prises sur l’île du Levant. À ces images solaires se confrontent celles de la nuit, du clubbing parisien, une autre série, un travail engagé au long cours : La galaxie de l’amour instantané.

 

Hervé Lassïnce

 

À propos de Mes frères

 

À travers cette fresque photographique, Hervé Lassïnce constitue le journal impudique d’une communauté formée autour de lui, saisie dans des moments domestiques et intimes, à l’endroit où les personnalités s’expriment sans filtre, ni préjugé social. Contrariant les stéréotypes, notamment ceux liés à la virilité, le projet subvertit les codes de l’iconographie religieuse pour en détourner la charge spirituelle et la puissance d’évocation. Le photographe oppose ainsi à sa transcendance et à ses hiérarchies une humanité égale, pensée à l’horizontale, inscrite sur un plan d’immanence simple et concret. Prises sur le vif, dans la chair du réel, ses photographies figent avec une certaine crudité des scènes de grâce, d’allégresse, de solitude et d’amour biblique, marquées par la mélancolie ou la jouissance de leurs modèles. Ces icônes incarnées, investies d’une forte présence ou d’une charge érotique, composent ensemble une fraternité unie bien que diverse, sublimée dans sa banalité.

Le projet Mes Frères est avant tout porté par la sincérité de la relation du photographe à ses sujets. Ses portraits traduisent en effet l’admiration et le respect qu’il leur porte, pénétrant sans effraction dans leur intimité pour arracher à l’oubli des fragments de vie partagés. Mis en confiance par cette proximité non feinte, ses modèles offrent à la vue une sensualité douce, une nudité innocente et une chair vulnérable qui négocient avec le regard fétichisant du photographe. Placés en contrepoint de ces effigies solitaires, les tableaux collectifs (réunions d’amis, scènes de couple, fêtes ou manifestations) soulignent la force politique et sensible de la communauté. Traces plastiques de ses rencontres, des moments de communion comme ceux de contemplation qui l’ont touché, les photographies d’Hervé Lassïnce cherchent à dépasser les différences de genre, de classe ou de génération pour constituer une fratrie solidaire qui va du cercle d’initiés au rassemblement populaire.

 

Florian Gaité