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I Could Never be a Dancer

Just in time

I Could Never Be A Dancer

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I Could Never Be A Dancer

Just in time

 

The smart set

Ou l’art de danser avec élégance l’impertinence.

Le travail du duo Carine Charaire et Olivier Casamayou, chorégraphes, directeurs artistiques et réalisateurs de I could never be a dancer développe, des clips vidéos énergiques aux événements atmosphériques pour les maisons de mode, d’une scène artistique muséale à la signature chorégraphique de campagnes publicitaires, un même esprit léger, vif et irrévérencieux.

Faire revue sans en avoir l’air, « user en toutes choses d’une certaine nonchalance, qui cache l’artifice, et qui montre ce qu’on fait comme s’il était venu sans peine et quasi sans y penser » comme dirait Baldessari Castiglione, c’est ce qui pourrait caractériser singulièrement leur travail. Cet esprit s’affirme par un langage qui emprunte aux formes du contemporain et ce avec le souci d’une très grande clarté visuelle. Collages cultivés teintés d’une pointe de surréalité dont l’esthétique globale joue des effets de surprise, de l’enthousiasme réel, débordant et généreux des danseurs, d’accords pop explicitement poussés à leurs limites.

La pluralité des signes plastiques et chromatiques, les jeux délibérés de croisements de références et la diversité des allures aiguisées animent sans hiérarchie ni genre, des corps joyeux, brassées « mécaniques » très dessinées où les réactions en chaîne composent la scène même. La complémentarité des protagonistes toujours très bien vêtus circonscrit un univers photogénique, telles les grandes revues glamour filmées par le cinéma hollywoodien. Danses qui, de Paris à Tokyo, impriment un rythme et des montages élégants et paradoxalement impertinents — A smart set* donc.

Alors faire « rétrospective », pour cette exposition à la villa Noailles, c’est penser les séries gracieuses de I could never be a dancer comme une même recherche : une prospective ouverte et confiante, un dialogue entre mode, art contemporain et danse, et de la pertinence à mettre de l’élasticité entre ces domaines. De façon sensible, leurs propositions, des fugaces performances dansées et éditoriales aux chorégraphies longues, éprouvent l’expérience et l’œil du spectateur : surprendre par la virtuosité discrète, sans peur du divertissement, augmenter le réel sans l’étouffer ni le dédire, scander une poésie de calligramme, où l’idée du plaisir ressenti valide presque le geste dansé.

Une idée du style donc, d’un esprit si français, du glamour d’une certaine nouvelle vague aussi, celle de Jacques Demi, d’une tradition sans complaisance qui entre la comédie musicale et la performance conceptuelle propose une qualité d’atmosphère pleine de fougue et d’impétuosité — une légère transgression qui chatouille plutôt qu’elle n’agresse ou revendique. Une idée de la mode enfin, qui n’est pas sans rappeler l’intelligence de Jean-Charles de Castelbajac ou d’Elsa Schiaparelli à convoquer les éléments forts de l’époque, de la pop culture, et d’en faire les signes suffisants qui cristallisent une allure, une façon d’être, un charme dansé.