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Jackson

Photo: Daniel Molajoli, 2016.

Photo: Zelinda Zanichelli, 2015.

LIGHT METAL MUSIC

BRUME SONORE #2

 

À l’occasion de la soirée d’inauguration du Festival, Julien Dossena invite Jackson à présenter son projet Light Metal Music, lors d’un concert sur le parvis de la villa Noailles. Ce dispositif d’instruments électroacoustiques conçus pour jouer sur la résonance de plaques de métal en vibration a vu le jour au festival Ircamlive (Centre Pompidou), pour continuer sa route à la Biennale d’art contemporain à Venise et lors d’une série de performances pour le galeriste Kamel Mennour. Il est développé depuis à la villa Médicis où Jackson est en résidence depuis septembre 2015. Dans la quête de la perception infra-consciente des phénomènes vibratoires, cette musique sonde un nouveau langage, invente son geste et sa propre esthétique.

Jackson expose également dans le pigeonnier de la villa Noailles son œuvre Brume Sonore #2.

Il s’agit d’un dispositif sculptural dont le principe fondamental est une traduction sonore du spectre visible. Un faisceau de lumière diffractée croise sur sa course un nuage de particules d’eau qui permet de révéler les couleurs du spectre de la lumière. Fondé sur une analogie spectrale, ce procédé s’appuie sur une conversion des longueurs d’ondes du domaine visible en signal sonore.

Les phénomènes vibratoires mis en relation entrent en résonance avec les sens et la nature du dispositif, car le son généré s’amplifie et se réfléchit dans un résonateur en métal miroir. Les vibrations produites par le métal, dont la surface a permis à la lumière de se projeter dans la vapeur en déplacement, reproduisent les fréquences de la couleur. Le spectateur écoute ce qu’il voit, et regarde ce qu’il entend, à savoir une rencontre entre le cycle de l’eau et les composantes de la lumière.

Cette mise en abyme sensorielle propose de percevoir les limites de ses propres facultés et tend à engendrer une lecture infra-consciente des phénomènes ondulatoires. L’expérience de son hors-champ sensoriel ouvre la voie d’une communication avec l’imperceptible ; elle suggère que l’essentiel est souterrain et que cette sculpture évolutive peut être comprise comme un prisme faisant converger des mouvements de matière et de pensées.