Erik Halley - Surréaliste attraction
Depuis son ouverture en 2010, l’exposition permanente « Charles et Marie-Laure de Noailles, une vie de mécènes » invite artistes et designers contemporains à venir s’immiscer dans l’accrochage historique de ses collections. Loin de l’exercice de pure courtoisie, l’enjeu consiste bien à créer une immédiateté de sens, de questionnements et de parallèles qui rapprochent plutôt qu’ils n’éloignent, se rapprochent. Pour les trente ans du Festival International de la Mode et de la Photographie,
Erik Halley dont le travail transcende les frontières depuis vingt ans, tant il emprunte aux codes de l’art, de la mode et du design, et apparaît comme l’artiste pertinent pour mettre en place de nouvelles et fécondes perturbations.
L’objet est une invention surréaliste. Les artistes du mouvement, mais aussi poètes et écrivains, trouvent là un nouveau champ d’investigation et fabriquent tasses, fer à repasser, tables, chaises, auxquels ils ajoutent poésie, langage, signifié et signifiants. Bien que destinées à mettre en valeur des têtes, des poitrines et des gorges, les « pièces » — comme l’on dit communément — d’Erik Halley se conjuguent au singulier, où, même seules elles convoquent un imaginaire. C’est un homard et cela rappelle Dalí, cela pourrait aussi être une étoile de mer, si chère à Man Ray, c’est un masque, c’est une boîte, c’est un oiseau de proie squelettique… Dalí, justement, écrit dans le Surréalisme au service de la révolution, en décembre 1931 : « La culture de l’esprit s’identifiera à la culture du désir. » Il s’agit bien ici de désir, de cet étrange objet du désir.
Alexandre Mare & Stéphane Boudin-Lestienne