• Crayola James. © Gio Black Peter, 2014
  • I'm Never Gonna Know You Now. © Gio Black Peter, 2014
  • The Hell You Will. © Gio Black Peter, 2014
  • You Might Get Me Tomorrow But Never Today. © Gio Black Peter, 2014
  • Right After The Big Bang. © Gio Black Peter, 2014
expositions 2015
Gio Black Peter - Sleepwalker
Exposition à la villa Noailles et au restaurant Le Marais - Plage

Dans chaque génération, il y a ceux qui résistent à la proscription et à la conformité. Pour l’artiste new-yorkais Gio Black Peter, il s’agit d’une réaction naturelle. À travers son travail, il parvient à transpercer la dure carapace de l’uniformité pour aboutir à quelque chose de plus honnête. Indiscutablement moderne dans son approche – utilisant souvent la technologie pour commenter les thèmes d’actualité, alimenté par le multimédia – sa production artistique est ancrée dans le passé de façon irrévocable. Par son utilisation audacieuse des couleurs et des formes, le travail de Peter évoquerait peut-être plus les oeuvres post-impressionistes françaises. Sensuel et sensible, son art rappelle le style primitif de Paul Gauguin où le quotidien et le naturel se confondent dans une impression presque onirique de fantastique. Du fait de sa sexualité assidûment éhontée, en contrepartie, il saisit un esprit subversif que l’on voit rarement. Reprenant là où Keith Haring et Jean-Michel Basquiat s’étaient arrêtés dans les années 1980, Peter guide la scène du New York downtown dans un retour à la célébration sans complexe de la vie hors du commun, telle qu’elle l’était avant que la complaisance ne prenne le dessus. La provocation est au coeur du travail de Peter. Qu’il traite de sujets tels que la violence ou l’oppression, l’aliénation ou l’amour, il cherche à faire réagir son public. Que la réaction soit viscérale et déprimée ou euphorique et inspirée, l’objectif ultime consiste à stimuler la prise de conscience à la fois de soi et de la société. Ainsi l’art de Peter est le reflet de sa propre vie – les deux sont parfois indiscernables. Comme chez Jean Genet, il y a un peu du hors-la-loi chez Peter, un peu du lutteur – il ne recule pas devant les exigences de son art. Aussi bien apte à se déshabiller devant la caméra pour une orgie baignée de sang, qu’à passer des nuits blanches au travail sous l’emprise de l’inspiration, Peter respire la vie, affranchi de la honte et des notions fugaces de moralité. Son travail montre qu’il est possible de célébrer la vie sans se soumettre à la norme et aux lieux communs. Il révèle une vérité selon laquelle on peut trouver une beauté inattendue et une vitalité imprévue, en bousculant la norme et en dépassant notre confort collectif.

James McDonald