PHOTOGRAPHES SÉLECTIONNÉS

Amy Adams, États-Unis
Linus Bill, Suisse
Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij, Pays-Bas
Anita Cruz-Eberhard, États-Unis
Chris Engman, États-Unis
Alejandra Laviada, Mexique
Ovidiu Pavel, Roumanie
Ahndraya Parlato, États-Unis
Louise Te Poele, Pays-Bas
Daniel Traub, États-Unis


 
JURY PHOTOGRAPHIE

Tim Walker, Photographe, Londres
Janet Froelich, Directrice de création, The New York Times, New York
Clément Chéroux, Conservateur, Dpt Photographie, Centre Pompidou, Paris
Jen Bekman, Galeriste, Jen Bekman Gallery, New York
Peter Knapp, Directeur artistique, Photographe, Paris
Mae Delaney, Photo Editor, AnOther Magazine, AnOther Man, Londres
Jean-Luc Chirio, Global Print Manager, Publicis Conseil, Paris
Stefanie Braun, Curator, The Photographers' Gallery, Londres
Erik Kessels, Fondateur & Directeur de création, KesselsKramer, Amsterdam
William Ewing, Directeur du Musée de L'Elysée, Lausanne


 
Amy Adams
États-Unis

Amy Adams (1986) est américaine et vit actuellement à New York où elle termine ses études à la School of Visual Arts. De la fenêtre de sa chambre, Amy Adams filme une station de métro aérienne, juchée sur la 125e rue, à New York. Le quai devient une scène, sur laquelle des milliers de personnes de tous âges et horizons évoluent au fil des jours. L'attente, l'ignorance de l'existence d'une caméra au loin, la nuit et enfin la fatigue sans doute, les isolent dans un espace mental qui fait abstraction de leur environnement proche. Amy Adams capture ces individualités errantes, drapées dans une nuée noire, de laquelle émergent la structure et les contours du visage. La pauvreté de l'image source (vidéo), peu définie, génère chez Amy Adams une grande richesse picturale. Elle agrandit et s'approche des visages, ils 'éloignent et se dérobent dans des étendues brumeuses, blanches, noires et grises.
Son travail a récemment paru dans le magazine Dear Dave, New York.


Amy Adams, Untitled, 2008
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Amy Adams, Untitled, 2008
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Amy Adams, Untitled, 2008
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Linus Bill
Suisse

La pratique de Linus Bill est compulsive. Il photographie tout, tout le temps. Familiers, étrangers, intérieurs, extérieurs, êtres animés, objets, instantanés, mises en scène. Aucun thème ou critère établi en amont ne préside à la prise de vue. Pas de démarche sérielle chez Bill. Il photographie tout ce qu'il aime. Les photos récentes rejoignent les anciennes et forment ses archives, dans lesquelles il puise pour construire un ensemble, pour l’occasion d’une exposition ou d’une publication. Ces installations de groupes d'images offrent une vision personnelle, toujours renouvelée –suivant l'espace et l'humeur du moment– simplement faite d'instants qu'il a aimés, sans petit ni grand discours théorique à l'appui. Chacune des images est reproduite sous la forme d'une grande sérigraphie, l'utilisation de ce procédé permettant de doter ces clichés d'un caractère pictural nouveau, singulier à chacun. La réalité agencée selon Linus Bill est un rébus fantasque, drolatique et tendre, proprement inédit.

Linus Bill (1982) diplômé de l’Université des Arts de Zurich. Il vit à Bienne (Suisse) et a présenté depuis 2006 son travail à Hambourg, Zurich et New York.
www.linusbill.com


Linus Bill, Untitled, 2008
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Linus Bill, Untitled, 2008
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Linus Bill, Untitled, 2008
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Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij
Pays-Bas

Melanie Bonajo et Emmeline de Mooij (1978), basées à Amsterdam, sortent diplômées de l'Académie Gerrit Rietveld en 2002.  Alors qu'Emmeline investit le champ de l'installation, Melanie expérimente celui de la création photographique ; toutes deux cependant -engageant souvent leur corps dans leurs mises en scène-, ont en commun une démarche proche de la performance. Il serait ainsi caduque de vouloir cantonner chacune d'elles dans un média. Familières des collaborations artistiques, elles se rejoignent pour le projet "Bush Compulsion : A Primitive Breakthrough in the Modern Mind", présenté dans le cadre du Festival. Les artistes interpellent : le confort de notre modernité nous a-t-il fait perdre tout lien avec la Nature et ses manifestations que sont la maladie, la mort ? Cette interconnexion est-elle définitivement perdue ? Melanie Bonajo et Emmeline de Mooij se défont de tout vêtement ou autre artefact de notre quotidien, et, nues, elles passent leurs journées dans les bois. Masques, fétiches et parures rappellent la société qu'elles ont laissée à l'orée de la forêt : bull pack et casques de moto ornent les nouveaux sauvages. Les artistes expérimentent ; la démarche, sincère, s'affranchit de tout clivage artistique et piétine allègrement dans l'argile fraîche, tout présupposé de bienséance.

Melanie Bonajo et Emmeline de Mooij ont publié respectivement dans Capricious, Kilimanjaro et Livraison, Famous et exposé principalement en Hollande.
www.melaniebonajo.com / www.emmelinedemooij.com


Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij, "Bush Compulsion A Primitive Breakthrough in the Modern Mind", 2008-2009
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Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij, "Bush Compulsion A Primitive Breakthrough in the Modern Mind", 2008-2009
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Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij, "Bush Compulsion A Primitive Breakthrough in the Modern Mind", 2008-2009
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Anita Cruz-Eberhard
États-Unis

D'origine suisse, Anita Cruz-Eberhard (1974) est établie à New York.  Dans le cadre du festival, elle présente "Digital Ikebanas", série de graciles bouquets inspirés par les arrangements floraux japonais, qui explore la relation ambiguë entre nature et artifice. Les compositions sont constituées d'une grande variété d'espèces, des fleurs rares aux mauvaises herbes, des spécimens de type commun voire invasif aux plantes en voie d'extinction ou disparues. L'artiste procède à sa cueillette sur internet, explorant les bases de données des départements de biologie des universités. Elle choisit, compose, manipule, fait sien le matériau emprunté, jusqu'à l'obtention d'une construction linéaire harmonieuse, transposant ainsi sur ordinateur la discipline de l'Ikebana et sa recherche minutieuse de l'arrangement et de l'assemblage.

Anita Cruz-Eberhard poursuit des études à l'International Center of Photography (New York), puis à la School of Visual Arts de New York, dont elle sort diplômée en 2007. Son travail a été exposé au Festival International de Photographie de Pingyao en Chine en 2006, ainsi qu'au Sony World Photography Awards en 2008.


Anita Cruz-Eberhard, "Digital Ikebana", 2008- en cours
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Anita Cruz-Eberhard, "Digital Ikebana", 2008- en cours
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Anita Cruz-Eberhard, "Digital Ikebana", 2008- en cours
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Chris Engman
États-Unis

Chris Engman (1978) est établi à Seattle. Ce sont les vastes étendues de l'État de Washington, scènes propices au déploiement de ses expérimentations, que l'artiste a choisi d'investir. Dans le désert, il appose d'étranges et complexes artefacts, installe des cadres, comme pour tenter de circonscrire ces espaces infinis et sauvages. Les structures érigées sont exigeantes et requièrent de l'artiste plusieurs jours de repérage, de montage pour enfin entreprendre le mariage avec leur environnement naturel. La trajectoire du soleil, son incidence sur le modelé de ces architectures sont attentivement étudiées. L'infrastructure ne vise jamais l'ostentation et parvient même à faire oublier son élaboration savante ; ne reste que l'image, légère comme l'évidence.  C'est un travail déterminé, souvent solitaire, une forme de méditation selon l'artiste.

Chris Engman est diplômé de l'Université de Washington ; membre du collectif artistique SOIL, il est par ailleurs représenté par la galerie Greg Kucera (Seattle).
www.chrisengman.com


Chris Engman, "The Consummation", 2005
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Chris Engman, "Three Squares", 2006
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Chris Engman, "The Haul", 2006
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Alejandra Laviada
Mexique

Alejandra Laviada passe les portes des immeubles abandonnés, nombreux, dans la ville de Mexico. Elle les visite, et parfois choisit d'investir les lieux. Elle pénètre un hôtel déserté et enregistre les traces laissées par les occupants du lieu -clients ou meubles. Puis elle commence à déplacer, découper, assembler les matériaux qu'elle trouve sur place, dépassant ainsi la seule consignation photographique pour se diriger vers une approche performative et sculpturale. Entamé avec "Hotel Bamer", l'artiste poursuit son travail de réappropriation avec le corpus ici présenté, "Photo Sculptures". Lettres d'enseignes s'entrelaçant, rouleaux de peinture dessinant un arc-en-ciel, chaises tentant une figure acrobatique, Laviada parcourt les étages d'un autre immeuble, entreprenant de rassembler les objets de même nature, dispersés et esseulés.  Les balais retrouvent les balais et les bidons et autres pots de peinture s'agglomèrent. L'artiste ne se limite pas à reconstituer des typologies, faisant siens ces objets, ils deviennent les matériaux pour des installations éphémères dont l'image est chargée de témoigner.  Ces sculptures d'objets usés et oubliés évoquent avec sensibilité la mémoire du lieu et plus largement de la ville de Mexico, territoire en perpétuelle mutation.

Alejandra Laviada (1980) vit et travaille à Mexico. Après avoir suivi des études à la School of Visual Arts de New York, elle expose dernièrement au New York Photo Festival et à la galerie Danziger Projects, New York. Elle collabore également avec The New York Times Magazine et Wallpaper*.
www.alejandralaviada.com


Alejandra Laviada, "Photo Sculptures", 2007
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Alejandra Laviada, "Photo Sculptures", 2007
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Alejandra Laviada, "Photo Sculptures", 2007
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Ovidiu Pavel
Roumanie

Ovidiu Pavel boucle la boucle, entreprenant ici avec une série de quatre images une mise en abyme de la représentation. L'artiste élabore des structures graphiques, bidimensionnelles, conçues pour être perçues d'un point de vue unique. Dans la lignée d'une exploration conceptuelle du médium photographique, largement entamée dans les années 1970, Ovidiu Pavel étudie la relation à l'espace de ce médium à vision monoculaire, par essence caractérisé par sa bidimensionnalité.  Marteau géant posé sur étendue neigeuse immaculée, table noire, les quatre pieds dans un nid d'abeille de papier, parallélépipède à l'armature de scotch, l'artiste dessine et peint sur le réel. Parfois, comme pour cette structure flottante en scotch, il tente l'illusion du plan, plaqué sur l'espace tridimensionnel, fusionnant les deux dimensions convoquées dans l’image. Pas d’aplats colorés anamorphosés dans de vastes espaces, chez Pavel l’objet construit est tout proche, laissant apprécier ses stratagèmes. L’image, instable, hésite entre illusion et analyse de l’illusion, et révèle ses ficelles.

Après des études d'économie à l'Académie de Bucarest, Ovidiu Pavel (1979), roumain, intègre l'Académie Royale de la Haye d'où il sort diplômé en 2008. Il vit actuellement aux Pays-Bas, où il pratique la photographie et la vidéo.
www.ovidiupavel.com


Ovidiu Pavel, Untitled, 2008
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Ovidiu Pavel, Untitled, 2008
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Ovidiu Pavel, Untitled, 2008
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Ahndraya Parlato
États-Unis

Une chevelure blonde retenue dans une porte, une phalange bleuie, un verre renversé et du lait répandu sur la table, enfin, un drap blanc borgne. Ahndraya Parlato s'immisce sous le vernis de réalité et révèle au travers de ses mises en scène photographiques un monde qui se serait soustrait à tout ordre ou logique. Les images ne se livrent pas d’emblée, leur ambiguïté fait barrage à toute interprétation hâtive. Puis, peu à peu, ces fragments isolés se répondent, des lignes se tracent entre eux, jusqu'à former la constellation Parlato. Ses images, rassemblées sous le titre « Inscapes » viennent bouleverser l'ordre des choses et rappeler l'inhérente étrangeté, partout latente, de ce monde, qui malgré nos efforts, ne se règle ni ne s'ordonne jamais. À  rebours, l'artiste s'applique à gratter la pellicule de normalité pour restituer une réalité sauvage, non policée, irrationnelle.
 
Formée au Wells College à Paris, puis au Bard College (NY), Ahndraya Parlato est diplômée en 2005 du California College of the Arts de San Francisco. Depuis 2007, elle expose aux Etats-Unis et dernièrement à la Biennale d'Helsinki. Ahndraya Parlato vit actuellement à Ithaca (New York).
www.ahndrayaparlato.com


Ahndraya Parlato, "Inscape", 2003 - en cours
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Ahndraya Parlato, "Inscape", 2003 - en cours
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Ahndraya Parlato, "Inscape", 2003 - en cours
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Louise Te Poele
Pays-Bas

Louise Te Poele évoque Egon Schiele, on pensera aussi à Lucian Freud. Louise dessine des visages, torturés, à l'architecture osseuse appuyée par des contrastes ombre lumière poussés. Un jour, de visite chez ses parents, habitants d'un village de fermiers en Hollande, elle se rend à leur demande à une fête donnée par le village et voit, là devant elle, ses dessins. Des visages au relief accidenté marqués de larges taches rouge pourpre. Son père lui avait rapporté ce que son grand-père lui avait lui-même raconté : le village, enclave catholique en territoire protestant, était à l'époque tout entier encouragé par le prêtre au mariage consanguin, ce afin de garantir la survivance de la communauté. Louise constate les traces laissées par ces anciennes pratiques sur les générations actuelles. Elle photographie, isolant les visages du contexte trop bruyant de la fête ; ils ont les sourcils froncés, la bouche ouverte pour un rire ou une invective, le regard parfois absent, les gestes emportés. Usant de sa palette, elle pousse les rouges et explore jusqu'au point d'inconfort la géographie complexe de ces visages, dressant une galerie de masques d’une antique comédie tragique.

Louise Te Poele (1984) est diplômée en 2008 de l'école ArtEZ d'Arnhem (département beaux-arts et mode) aux Pays-Bas. Elle expose dernièrement à Arte Laguna Art Festival de Venise.
www.louisetepoele.nl


Louise Te Poele, "Farmers", 2008
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Louise Te Poele, "Farmers", 2008
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Louise Te Poele, "Farmers", 2008
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Daniel Traub
États-Unis

Daniel Traub (1971) est américain ; diplômé de la School of Visual Arts de New York,  il vit à Philadelphie (USA). Le photographe s'intéresse aux villes, à ses interstices et espaces borderlines et aux vies qui s'y immiscent. Récemment, il s'installe à Shanghai et entreprend de portraiturer les habitants, les espaces urbains dans lesquels ils se meuvent ; sa manière allie un subtil dosage de distance documentaire et d'empathie face au sujet. L'échelle ne cède pas au spectaculaire et demeure toujours à hauteur d'homme. Revenu aux États-Unis, c'est une autre ville en mutation qu'il aborde : Philadelphie. La série, intitulée Inner City et ici présentée, dépeint, au travers de carrefours désertés, façades murées et visages fermés, une lente, silencieuse, dérive urbaine et humaine.

Daniel Traub expose dernièrement à Belfast, Houston, Chicago et a collaboré notamment avec The New York Times Magazine, The Telegraph Magazine ou encore Wallpaper*.
www.danieltraub.net


Daniel Traub, "Inner City", USA, 2008 - en cours
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Daniel Traub, "Inner City", USA, 2008 - en cours
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Daniel Traub, "Inner City", USA, 2008 - en cours
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Amy Adams

Linus Bill

Melanie Bonajo & Emmeline de Mooij

Anita Cruz-Eberhard

Chris Engman

Alejandra Laviada

Ovidiu Pavel

Ahndraya Parlato

Louise Te Poele

Daniel Traub