architecture
|24 FEV - 30 MAR |

Vidéos Portraits d'Architectes

| Villa Noailles |

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EXPOSITION D'ARCHITECTURE ?
Pourquoi exposer le travail de l'architecte quand il suffit de parcourir, toucher, regarder ses édifices, quand on peut y pénétrer, s'asseoir et devenir « spectateur-acteur » des aventures qu'ils contiennent ? 
Ex-poser a toujours, pour nous, comme origine, une rencontre individuelle, mais aussi l'attention pour tout un « univers architectural », à partager avec le visiteur.
Sous-exposés. Chaque manifestation résulte, ainsi, de notre volonté de présenter des architectes dont les doutes et les convictions nous concernent tous, mais sont pourtant sous-exposés. Se dé-couvrir est le risque demandé à chaque « invité-architecte ». 
Ex-poser ici, c'est rendre visible les processus de création, les mécanismes de pensée d'un créateur : comment et à partir de quels imaginaires ils se mettent en place ? Les poser là, pour que chaque visiteur reparte en se demandant ce que le prochain architecte lui fera dé-couvrir ici.
Florence Sarano.


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SAISIR / FILMER
RUDY RICCIOTTI/ ARCHITECTE

Témoigner des croisements (et des superpositions) de toutes les temporalités de la vie de l'architecte : du dialogue avec les maîtres d'ouvrage, les réunions de chantier, le travail dans l'agence, les conférences, ses rencontres et échanges avec d'autres artistes et architectes... Une commande spécifique de la Villa Noailles a été faite sur ce sujet à l'artiste vidéaste Jean-Luc Charles. L'œuvre qui en résulte offre un regard unique sur l'architecte Rudy Ricciotti et ses engagements. La vidéo devient l'outil détourné pour capturer la réalité quotidienne et la façon dont l'architecte s'en saisit pour bâtir. « La transformation du réel reste le seul projet encore romantique et révolutionnaire. »
Rudy Ricciotti


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DIALOGUER / FILMER
PATRICK BOUCHAIN / ARCHITECTE

Dans les dialogues avec Patrick Bouchain, se révèlent et se cachent les enjeux de ses projets. Ces enjeux, que tous les outils de conception (croquis, maquettes, images informatiques, schémas, collages) déclinent comme autant d'explorations du réel. Comme autant de préparations du chantier : une performance qui se joue sans répétitions. une interprétation qu'il dirige par le dialogue. Présenter ces conversations, c'est pénétrer dans un « cabinet de curiosités » très rarement ouvert. Pour l'exposition, le travail réalisé par le photographe Cyrille Weiner, à la demande de la villa Noailles, se situe dans la continuité de ses recherches personnelles sur « l'usage des lieux ». Il s'insère dans le film car il a saisi les relations d'intimité des habitants, spectateurs, artistes et élèves avec les lieux, mais, aussi, les transformations lors des répétitions, les essais de lumières, le jeu des corps dans l'espace et l'attente du spectacle. Florence Sarano

« Ce qu'il y a de formidable, c'est quand la commande est simple. Quand la commande est simple, la réponse est simple. Pour Rostropovitch, c'était un auditorium de 1 200 places, en bois, au prix d'un bâtiment en toile, et je ne l'ai jamais revu avant le concert inaugural. »
Patrick Bouchain


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RECHERCHER / FILMER
ANNE LACATON ET JEAN-PHILIPPE VASSAL/ ARCHITECTES

A double voix se déclinent les recherches de ces architectes découverts autour du projet d'une « petite habitation économique » - qui a désormais fait le tour du monde (la villa Latapie). Comment habiter ? Mais au-delà de l'habitat individuel, comment répondre aux questions que posent les grands ensembles existants ? Quel est le rôle de l'architecte dans notre société ? Quel est le cheminement de sa démarche ? Quelles sont les références et les intentions qui guident les réalisations ? Les analyses de la réalité entrelacent l'histoire de chaque projet. Ce face-à-face entre l'engagement de l'équipe et la demande des maîtres d'ouvrage est toujours un échange qui permettra de s'extraire des logiques du standard. « Une expérience a aussi été déterminante dans ma façon de travailler : un séjour assez long en Afrique, dans un pays très pauvre, où j'ai redécouvert des choses extrêmement intéressantes, notamment sur l'ingéniosité, l'imagination, le spontané, le simple et le bon sens que finalement on semble avoir un peu perdu ici. J'ai aussi découvert la science et l'art du minimum de matière, motivé, non pas dans une démarche minimaliste, mais par la nécessité de gérer le peu, et de le gérer non pas avec une efficacité froide ou pauvre, mais souvent avec une intention de faire quelque chose de beau. »
Jean-Philippe Vassal


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DESSINER / FILMER
LUCA MERLINI / ARCHITECTE

Dans ce film, le travail de Luca Merlini est présenté, exclusivement, par le biais de ses dessins, croquis et esquisses réalisés sous l'œil de la caméra. Cette expérience, où le spectateur prend la place des yeux de l'architecte pendant qu'il trace ses lignes, le met dans la position, précise mais inhabituelle, de celui qui conçoit et simultanément dessine. Cette situation, au centre de la production d'une pensée, permet de mesurer les détours du projet, ses évidences et ses densités. L'architecte s'est prêté à la performance de la feuille blanche : expliquer ses réalisations, mais aussi dessiner les rôles incertains de l'architecte. « On attend de l'architecte qu'il trouve toujours une solution : une manière de réparer un paysage, d'isoler du monde, de reconstruire des liens, d'ouvrir le ciel. On attend beaucoup de lui : qu'il interprète les désirs, qu'il sache tout faire, qu'il fasse tout avec rien... D'autre part, l'architecte aime que l'on attende tout cela de lui. Parce que cela l'oblige à vivre à fleur de peau avec l'état du monde, à n'être jamais indifférent, à naviguer dans un pouvoir qui n'est pas toujours le sien, à être en production continue de solutions... Sous forme de jeu, ce film-projet est une incursion métaphorique dans l'imprudence à laquelle l'architecte est condamné par ce qu'on attend de lui, d'une part, et par le plaisir qu'il y trouve, d'autre part... »
Luca Merlini