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design
|2, 3 et 4 juillet / Expositions jusqu'au 26 septembre |
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Aldo Bakker, Creatures, studies for existence
Commissaire de l’exposition : Catherine Geel
Fils du fondateur de Droog, Aldo Bakker développe un travail très particulier, superbe, fait de présences mystérieuses et précises. Nous avons été saisis par ce travail qui s’éloigne avec intelligence et sensibilité des caractéristiques admises du Dutch Design.
Le travail d’Aldo Bakker est celui d’un designer qui se distancie de l’idée actuelle selon laquelle un “concept“ solide conduira tout naturellement à des aspects intéressants, il est pourtant le fils de Gijs Bakker, fondateur de Droog Design, “figure de proue“ de l’esthétique conceptuelle. On retrouve en revanche de solides liens et des analogies entre le travail d’Aldo Bakker et celui de sa mère, la créatrice de bijoux modernes Emmy van Leersum (1930-1984).
Il est un designer et donne sens aux formes. Il charge ses objets de significations. La langue qu’il développe pour communiquer avec nous est hiérarchisée et ouverte. Ses objets ne sont pas univoques, ils sont précis. Il s’inscrit dans une tradition de créateurs modernistes qui réussissent à développer un langage formel qui jette un pont entre la culture et la nature. Chez Noguchi, Gio Ponti, Piero Fornasetti, Henning Koppel, Pierre Paulin…, les objets sont des êtres autonomes, des “créatures” qui semblent prendre forme naturellement dans le matériau. C’est également le cas chez Aldo Bakker ; l’évidence avec laquelle ils se situent dans ce monde n’est qu’apparence. Toutes les formes sont liées de manière indissociable et sont reliées les unes aux autres “de façon logique“, comme dans la nature où, avec l’évolution et le temps, l’objet ou l’être semble avoir reçu sa forme spécifique.
Le but des objets d’Aldo Bakker est d’influencer le facteur “temps“. Des notions comme l’infini et l’éternité le fascinent. Le temps joue un rôle dominant dans le processus de production de ses meubles. En utilisant la laque japonaise Urushi, un processus extrêmement coûteux et long, Aldo Bakker réagit à la vitesse de la production de masse et au caractère éphémère de la consommation. Ces techniques séculaires créent un ralentissement dans le temps, un time gap. L’expérience physique et sur les possibilités qu’offrent les objets lorsqu’on en fait le tour, en les admirant ou en les détestant comme des extra-terrestres, provoque un état presque méditatif, un aspect globalement ignoré collectivement à l’heure actuelle et dans notre société occidentale. La fonction est ici “probable” ; elle a été déterminée pour donner forme aux êtres. Elle ne sert pas uniquement à être lue. Pour Aldo Bakker, la fonctionnalité c’est aussi faire prendre conscience à l’utilisateur de la beauté, c’est le surprendre. S’asseoir, lécher, boire, verser, caresser, douter... Aldo Bakker réussit à aller plus loin que la fonctionnalité évidente, il fait appel à une gamme d’expériences primitives sensorielles. La forme constructive dans la série de meubles en Urushi n’est pas visible, mais très présente. Sous les soixante couches de laque Urushi, cette forme n’a pas été sculptée dans le bois, mais créée à partir de maquettes de prototypes rapides, figées dans de la mousse polyuréthane ou de l’époxy.
Aldo Bakker
Aldo Bakker est designer, professeur à la Design Academy de Eindhoven. Il a exposé pour la première fois à Z33 (Hasselt, Belgique) en 2009. La Copper Collection (2010) pour Thomas Eyck, après Milan en avril, sera montrée chez Droog à New York du 15 mai au 23 juin 2010 et à Art Basel du 15 au 19 juin 2010. Il a commencé la série, majeure dans son parcours, des Urushi en 2007. Son travail est présent dans les collections suivantes : V&A Museum, Londres, Die neue sammlung, Munich, Stedeljik Museum Amsterdam, Centraal Museum, Utrecht, Bojmans van Beuningen, Rotterdam, Zuiderzee Museum, Mudeam de Lakenhald, Leiden, SM’s Hertogenbosh, Silver Musem Schoonhoven et dans plusieurs collections privées.
Catherine Geel
Commissaire général de Design Parade, associée à la villa Noailles, est professeur d’histoire et de théorie du design à l’Ecole nationale supérieure d’art de Limoges et enseigne à l’Ecole normale supérieure. Rédactrice en chef Design du magazine Archistorm, elle termine l’édition des textes en français d’Alessandro Mendini, projet subventionné par l’Ecole des beaux-arts de Rennes et la CNAP, Ministère de la culture.
A l’occasion de l’exposition un ouvrage est édite :
Aldo Bakker – Creatures, studies for existence
textes français /anglais de Jan Boelen, Herman Meijer, Catherine Geel
design graphique : Geoffrey Brusatto,
Co-edition : villa Noailles - Archibooks
Format 20 x 26, 80 pages.
llustrations couleur
20 € / ISBN : 978-2-919290-00-0